Mulhouse a décroché samedi à Chartres la deuxième Coupe de France de son histoire en dominant Nantes en finale de l’édition 2025 en quatre sets (28-26, 22-25, 25-19, 25-22). Chez les hommes, Tourcoing a remporté sa deuxième finale de Coupe de France, vainqueur en cinq sets de Montpellier, qui échoue pour la quatrième fois en finale (25-23, 23-25, 25-22, 22-25, 15-11).
Coupe de France Féminine : A Mulhouse la deuxième !
Mulhouse tient sa revanche ! Un an après s’être nettement incliné contre Nantes en finale de la Coupe de France 2024 à Paris (3-0), le VMA a cette fois disposé des Neptunes en quatre sets, s’offrant ainsi la deuxième Coupe de son histoire, quatre ans après la première, pour sa septième finale. La victoire est logique, les coéquipières de la capitaine et libéro Léa Soldner et de la passeuse Enora Danard Selosse, élue MVP du match, s’étant montrées plus régulières et supérieures dans certains secteurs clés, comme le service et le bloc.
Pourtant, ce sont les Neptunes, avec leur passeuse américaine Ella Powell de retour de blessure, qui prennent les devants dans le premier set après deux aces de Laura Jansen (16-20). Mulhouse revient à égalité (22-22) grâce à la bonne entrée au service de Jessica Kosonen qui permet aux Alsaciennes de se procurer une première balle de set (24-23). Effacée au prix d’un énorme rallye d’une minute – le point du match – par les Neptunes, qui se créent à leur tour deux opportunités de conclure, mais c’est finalement un bloc d’Annayka Legros, son premier du match (5 en tout pour 16 points), qui permet aux protégées de François Salvagni de virer en tête (28-26).
La deuxième manche est tout aussi serrée avec les deux équipes qui se rendent coup pour coup et ce sont finalement les tenantes du titre qui font la différence, grâce à la percussion offensive de leur pointue américaine Haylie Bennett (20 points), qui marque les cinq derniers points de son équipe pour égaliser à un set partout (22-25). Après un début de troisième équilibré, Mulhouse, bien organisé au contre, creuse un premier écart après deux blocs signés Katelyn Evans et Annayka Legros (8-11). Et si Nantes revient à une longueur (15-16), la formation alsacienne fait la différence grâce à sa passeuse Enora Danard Selosse qui, au service, met en difficulté la réception adverse, permettant au VMA d’aligner sept points de suite et de conclure (25-19) par sa pointue gauchère américaine Reagan Rutherford, meilleure marqueuse du match (21 points).
Les Alsaciennes poursuivent sur leur lancée en début de quatrième manche (5-8) après un bloc décisif de la centrale grecque Aristea Tontai (13 points, dont 4 blocs) et restent solides sur leur side-out, grâce notamment à une Annayka Legros imperturbable. Nantes revient encore à un point (14-15) après un block-out d’Halimatou Bah (19 points), mais le VMA reprend de la marge suite à un ace heureux, avec la bande du filet, d’Aristea Tontai (16-20). Katelyn Evans donne la première balle de match au VMA (18-24), Nantes tente le tout pour le tout en faisant entrer sa deuxième passeuse Léna Chameaux au service et en sauve quatre (24-22), le point du titre revenant à Annayka Legros qui contre une ultime attaque adverse (25-22).
Yeux humides mais sourire radieux, Léa Soldner peut alors mettre le feu au public alsacien avant de soulever le nouveau trophée de la Coupe que lui remet le président de la Fédération Française de Volley, Eric Tanguy. Voilà Mulhouse assuré de jouer une Coupe d’Europe la saison prochaine, de quoi attaquer les playoffs en pleine confiance le week-end prochain face à… Nantes !
Les réactions :
François Salvagni, entraîneur de Mulhouse : « C’est incroyable, extraordinaire, on a travaillé depuis six semaines avec le staff en se focalisant sur la finale et les playoffs, on a changé beaucoup de choses techniquement et tactiquement, donné de la confiance à certaines joueuses, et aujourd’hui, on a fait un très bon match. Pour moi, c’est la dernière saison à Mulhouse, j’ai fait le maximum pour donner un cadeau au plus beau public de France, je suis super fier ce soir, parce que j’ai donné la Coupe de France, la Coupe d’Europe, la Supercoupe. On a montré que Mulhouse était prêt pour jouer de super playoffs. »
Cesar Hernandez, entraîneur de Nantes : « C’était un match très difficile, Mulhouse a très bien joué, mieux que nous. Nous n’avons pas réussi à les stopper en attaque comme nous le souhaitions, nous devions batailler et mettre beaucoup d’énergie pour marquer des points alors que de leur côté, elles en marquaient beaucoup plus facilement. Dans le troisième set, à un moment, nous avons disparu et dans le quatrième, nous avons essayé, mais nous n’avons pas réussi à trouver l’énergie, elles nous contrôlaient. Je suis vraiment désolé pour les gens qui sont venus nous encourager, on voulait leur donner le trophée, mais aujourd’hui, Mulhouse a été meilleur. »
Léa Soldner, libéro et capitaine de Mulhouse : « Je suis très heureuse, c’est le travail de toute une année, on est ensemble depuis août, c’est très compliqué de tout jouer sur un match. Le premier set a été décisif, on a été menées, mais on a réussi à remonter, du coup, on est arrivées à être un peu plus légères, ça a fait du bien à l’équipe. On perd le deuxième parce qu’elles font un set très solide, et aux troisième et quatrième, on déroule bien, on a été hyper propres, on a su mieux gérer les situations minimales, je suis trop contente ! »
Enora Danard-Selosse, passeuse de Mulhouse (MVP du match) : « Ça fait plaisir de remporter cette Coupe, d’autant qu’on a eu une saison compliquée, on a terminé sixièmes de la saison régulière, ce n’était pas simple de jouer cette finale après ces résultats qui n’étaient pas dans les objectifs du club. Mais collectivement, on a tout envoyé et ça a bien marché, donc on est très contentes, il faut continuer comme ça, on a envie de plus. Le premier set a été très important pour nous, ça a débloqué un truc et nous a permis d’être dans une dynamique intéressante. On avait tout à prouver ce soir, on est vraiment contentes. »
Amandine Giardino, libéro et capitaine de Nantes : « Je suis triste, parce que je pense qu’on pouvait quand même le faire. Avec tout ce que le club a vécu l’été dernier (difficultés financières), on savait que la Coupe de France était le moyen le plus facile de gagner un trophée. Le premier set me laisse de la frustration, parce qu’on était devant et on ne finit pas. On revient bien dans le deuxième, mais à la fin, on s’écroule, on fait beaucoup de fautes de service, on ne joue plus au volley, alors que Mulhouse a très bien joué, leur victoire est méritée, je suis très déçue. On va se revoir avec Mulhouse pendant deux semaines minimum, on a perdu trois fois contre elles, elles ont l’avantage psychologique, il faut maintenant poser le cerveau pour essayer de rebondir. Encore une fois, c’est le mental qui va faire la différence. »
Coupe de France Masculine : Une Coupe en Nord !
On annonçait une finale indécise entre deux équipes très proches l’une de l’autre cette saison, elle aura tenu toutes ses promesses, avec un mano a mano qui aura duré cinq sets et 2h19 dans une salle du Colisée pleine (4000 spectateurs) et comblée par le spectacle. Et c’est finalement Tourcoing, la formation qui aura réussi à être la plus consistante sur l’ensemble de la partie, et notamment dans le tie-break, qui l’a emporté, décrochant la deuxième Coupe de son histoire, sept ans après la première.
Montpellier n’était pas loin, mais le MHSC, qui échoue pour la quatrième fois en finale, la deuxième consécutive, aura été plus irrégulière et aura sans doute payé l’absence de son pointu titulaire, Dimitar Dimitrov, suspendu pour avoir chambré un adversaire en demi-finale contre Chaumont. Son jeune remplaçant, le Finlandais Veikka Lindqvist (14 points), n’aura pas démérité, mais aura manqué d’un soupçon de percussion pour faire la différence dans les moments importants, commettant quelques fautes au service et en attaque.
Si l’équipe héraultaise a couru après le score pendant tout le match, elle a eu des occasions dans chaque set jusqu’au tie-break, en tête dans le premier (14-15) après deux aces de son capitaine argentin Ezequiel Palacios (4 en tout pour 22 points), avant de finalement le céder après deux fautes de filet (25-23). Le MHSC regrettera sans doute surtout le troisième set, puisque, sous la houlette notamment de ses deux centraux internationaux Nicolas Le Goff (14 points, 11/19 en attaque, 3 blocs) et Joris Seddik (10 points), il a mené de quatre points (12-16), avant de subir une série de cinq points consécutifs (20-19) et une incroyable fin de set du MVP du match, Amir Tizi Oualou. Auteur d’une première main « à la Antoine Brizard » et de deux aces, le passeur nordiste a permis au TLM de faire la différence (23-20) et de conclure dans la foulée (25-22).
Et si les hommes de Loïc Le Marrec ont encore su se remobiliser pour égaliser à deux manches partout (22-25), ils ont d’entrée de tie-break subi la maîtrise supérieure de leurs rivaux, devant grâce à l’expérimenté central néerlandais Michael Parkinson (10 points) et une nouvelle déviation d’Amir Tizi Oualou auteur dans la foulée d’une « corse » décisive convertie par Ignacio Luengas (11-7). Tom Lavigne y est allé de sa contribution, rentré au service pour deux aces magistraux (14-9), un ultime service dans le filet de Tomas Lopez Pascual a envoyé le TLM et ses supporters au paradis, et en Coupe d’Europe la saison prochaine ! En attendant, ce sont les playoffs et Poitiers les attendent, dès vendredi prochain, tandis que Montpellier tentera de se consoler en partant à la conquête d’un neuvième titre, avec un quart de finale contre Cannes.
Les réactions :
Dorian Rougeyron, entraîneur de Tourcoing : « Cette finale s’est jouée sur les intentions, les valeurs qu’on a mises dans ce match, on n’a pas tout fait parfaitement sur le plan technico-tactique, mais sur les notions d’engagement, de solidarité, de résilience, on a été très solides, parce que ce n’était pas un match facile face à un adversaire costaud, qui a par moments très bien joué. On a su rester quoi qu’il arrive sur notre chemin pour garder en tête de gagner ce titre. Le troisième set notamment, où on est derrière et on a la capacité de revenir, nous a donné beaucoup de force, parce qu’à chaque fois qu’on était derrière, on savait qu’on était capables de revenir. Maintenant, en tant qu’entraîneur, je sais qu’on doit savourer ce soir, mais je pense déjà à vendredi prochain, parce que ça arrive tellement vite et que c’est tellement dur à digérer, ce qu’on vient de vivre, qu’il faut réfléchir à comment on va se régénérer, c’est la première chose qui me vient à l’esprit, avec la joie. »
Amir Tizi Oualou, passeur de Tourcoing (MVP du match) : « C’est immense, exceptionnel, je n’ai pas les mots ! L’an dernier, j’ai perdu la finale (avec Montpellier), cette année, je ne pouvais pas la perdre une deuxième fois. Je suis venu à Tourcoing pour gagner des titres, on en a déjà gagné un, en espérant un deuxième, j’espère. On a tous bien joué, on a eu la force de revenir dans le match, de ne jamais lâcher, on a su jouer en équipe, être patients, gagner des rallyes, je pense que c’est ce qui fait qu’on a plusieurs fois réussi à remonter. On va fêter cette Coupe le temps qu’on peut, on a emmagasiné le max de confiance, à nous de ne pas en avoir trop avant les playoffs. »
Nicolas Le Goff, central de Montpellier : « Il y a beaucoup de frustration et de déception, on ne passe vraiment pas loin, je pense qu’on loupe le coche dans le troisième set, on doit tuer ce set quand on est devant, mais ils n’ont jamais lâché, bravo à eux. On arrive malgré tout à aller chercher ce tie-break, mais ils démarrent mieux que nous et font toute la course en tête. 3-2, c’est une finale qui a tenu ses promesses entre deux grosses équipes, il fallait un vainqueur et un perdant, Tourcoing a su être meilleur que nous aux moments où il le fallait. »